Ça fait un bien fou !

De le 21/07/2019 - 1563697800

Aujourd'hui, je vais te parler moto.

La moto, ça fait un an et demi que j'ai repris, d'abord avec un XTR pour un peu de route et un peu de chemin, puis maintenant en ZR-7, le tout après 5 ans sans bécane.

Mais ça faisait aussi un an et demi que quelque chose me dérangeait, un truc qui allait pas : la peur à chaque virage. Mais pourquoi? Toujours cette peur au moment de rentrer dans le virage, cette peur que ça ne passe pas, l'impression de pas maîtriser la moto. Et ça jusqu'à la sortie du virage, en attendant le prochain. Pourtant, j'ai toujours le même plaisir à me mettre sur deux roues. Mais là le plaisir a un goût un peu amer. Je m'en suis vraiment rendu compte la première fois que je suis parti rouler avec JS. JS on l'appellera comme ça parce que.

JS, c'est le mec qui roule bien, en tout cas bien mieux que moi. JS, c'est le mec que tu vois entrer dans un virage et qui disparaît. Toi t'es encore en train de te demander comment tu vas rentrer dans ce virage et si tu vas réussir à en sortir que lui a déjà 5 virages d'avance. Mais comme il est sympa, il t'attend de temps en temps. Il cale sa brêle en seconde et laisse un léger filet de gaz pour pas caler. Ça te laisse le temps de le rattraper à un moment ou à un autre.

Pour cette première vraie sortie avec lui, on a fait 350 kilomètres. 350 kilomètres de souffrance. Souffrance à chaque virage, à cause de cette sensation de ne rien maîtriser et cette angoisse à chaque entrée de virage, mais aussi une souffrance physique. J'ai passé ma journée à forcer pour essayer de tenir le rythme pourtant normal. J'ai fini rincé, en ayant mal partout. Mais impossible de comprendre pourquoi.

Et puis un jour tu vas chercher ton pain à moto, tu roules tranquille à 80, tu réfléchis, tu regardes le paysage et ta trajectoire change : LE DÉCLIC! C'est le regard! C'est le regard qui va pas! Alors pour rentrer chez toi tu fais un petit détour, tu prends quelques virages, tu testes, et tu retrouves le sourire. C'est beaucoup mieux!

Ensuite, tu te souviens que tu pars rouler le dimanche qui suit, que tu vas encore faire entre 350 et 400 kilomètres. Et que ce sera l'occasion de tester. Te voilà reparti avec JS pour avaler des kilomètres et bouffer de l'essence.

Tu te rends vite compte que ça va mieux, que tu es plus serein, plus fluide, que tu profites davantage sans angoisser. Bien sûr il y a des restes. Tout ne peut pas se régler par miracle, mais c'est mieux. Beaucoup mieux. Tu tiens mieux le rythme même s'il reste plus rapide. Mais tu forces moins, tu savoures.

Et puis les 380 kilomètres se font, les virages, les cols et les monts s'enchainent. Et c'est très très bon! Tu retrouves ton plaisir d'avant, celui qui fait briller tes yeux dès que tu grimpes sur ta bécane.

Et même si je suis pas encore au point, même s'il faut que je continue de faire l'effort de travailler ce regard, et mes trajectoires pour rester en sécurité, je n'ai rien perdu de mon plaisir à rouler, bien au contraire. Et ça, ça fait un bien fou!

Et maintenant, si on s'appliquait à rouler davantage?


Article de Xakan